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Entretien avec Arnaud Aregba, sportif de haut niveau et étudiant en licence Économie et Gestion à la FSEG

Publié le 15 juillet 2021

Arnaud Aregba, judoka et étudiant en licence 1 Économie et Gestion à l'UPEC, effectue ses études dans le cadre d’un parcours aménagé pour les étudiants sportifs de haut niveau. Retour sur une année académique aussi stimulante qu’inspirante.

Arnaud Aregba
Arnaud Aregba

À 19 ans, vous êtes déjà champion de France cadet dans la catégorie des -81kg, champion olympique de la jeunesse à Baku, 3ème à la coupe d’Europe junior de Sarajevo cette année, et également étudiant en Licence Economie et gestion. Après quels nouveaux titres et diplômes courez-vous en l'année prochaine ?

Après cette année olympique, les compteurs pour Paris 2024 seront remis à zéro, c’est pourquoi j’aimerais m’imposer en tant que numéro 1 de la catégorie des -81KG . Tout d’abord dans ma catégorie d’âge en remportant les championnats d’Europe et du Monde junior. Je vise également le titre de champion de France 1ère division ainsi que des podiums sur des Grands Slams pour bien débuter sur le circuit international senior. Pour ce qui concerne mon cursus scolaire, j’aimerais valider ma L1 et valider en simultané une partie de ma L2.

Comment parvenez-vous à concilier le sport de haut niveau et les études supérieures ?

Ce n’est tout d’abord possible que grâce à un aménagement de mon emploi du temps et une collaboration efficace entre l’UPEC et l’INSEP. L'écoute et la compréhension que m’apporte monsieur Legendre, le responsable pédagogique de la L1 d’Économie et Gestion, jouent également un rôle clé dans ma réussite académique. 
C’est aussi beaucoup de rigueur qu’il faut s’imposer à soi-même au quotidien, mais comme je suis profondément intéressé par ce que je fais, j’arrive pour l’instant à mener de front mes études et ma carrière sportive.

Quels sont les aménagements prévus pour que vous puissiez continuer à exceller autant en judo que dans vos études à la Faculté de sciences économiques et de gestion ?

Afin de viser le maximum d’un point de vue académique et sportif, et en accord avec le responsable de la licence, j’ai pris la décision de faire mes deux premières années de Licence en trois ans. Pour me permettre d'effectuer mes 14 heures d’entraînements hebdomadaires, certains de mes camarades ont la gentillesse de m’envoyer les cours magistraux auxquels je ne peux pas assister. J'ai également la possibilité d'intégrer des groupes de TD différents pour faire correspondre mes horaires de cours et d’entraînement et je déplace certaines séances de préparation physique que je fais seul de mon côté.

Pourquoi s’engager dans des études supérieures lorsque l’on est sportif de haut niveau ?

Tout d’abord, pour mon épanouissement intellectuel, je pense que c’est important ! D'un point de vue plus pragmatique, la carrière d’un judoka s’arrête tôt, vers la trentaine, et la fin d’une carrière sportive n’est pas la fin d’une vie. De plus, on n’est jamais à l’abri d’une blessure grave ou d'avoir une saison compliquée. C’est rassurant d’avoir quelque chose à côté de sa carrière sportive, ça enlève une partie de la pression qui est déjà énorme. 

Un mental de champion, c’est quoi pour vous ?  

Un mental de champion c’est une détermination et une ambition à toute épreuve. C’est être conscient que l’échec est inévitable et qu’il faut l’accepter pour se construire sans pour autant s’en accommoder. C’est également une liberté dans la rigueur, se sentir bien dans la pression. Un mental de champion, c’est avant tout une singularité assumée et développée. Il n’y a pas "un mental de champion". 

Pourriez-vous nous résumer une journée classique de sportif de haut niveau ?

Je me lève à 6h45 pour pouvoir déjeuner avant d’aller en cours. Je pars un peu en avance des cours pour être à l’heure à l’entraînement du matin qui a lieu de de 10h45 à 12h45. Puis je vais manger quand j’ai le temps et je repars en cours à Créteil pour 14h. L’entraînement de l’après-midi est généralement programmé à 16h. Je fais ensuite de la balnéothérapie pour aider mon corps à récupérer de la grosse charge d’entraînement que je m’impose chaque jour. Le soir, je mange puis je travaille jusqu’à 22 heures sur les cours magistraux que je n’ai pas pu suivre.

Quels sont vos objectifs sportifs et professionnels à long terme ? 

Mes objectifs sportifs sont d’être champion olympique en 2024 et en 2028, champion du monde et champion d’Europe et tout ça avec de beaux mouvements qui feront lever les foules. Je suis ambitieux, je le sais. D’un point de vue professionnel, j’aimerais soit créer mon entreprise, soit me servir de mes études pour aider au développement économique du judo en France et à l’international. 

Si vous deviez donner 3 conseils à un futur sportif de haut niveau et étudiant, quels seraient-ils ?

Je conseillerais d’abord de suivre une formation qui correspondent à ses envies, car maintenir la rigueur nécessaire à la réussite d’un double projet sera quasiment impossible si on n'est pas profondément intéressé par ce que l'on fait.
Il ne faut pas avoir peur de faire des démarches, de poser des questions, ou même de se déplacer et d’expliquer sa situation, car on n'est pas des étudiants comme les autres. Et si on a la chance d’avoir des enseignants et des responsables pédagogiques qui le comprennent, ce sera beaucoup moins difficile. Il faut persévérer car ce ne sera pas facile, il faudra faire beaucoup de sacrifices.

Pensez-vous avoir envie de transmettre un jour à des plus jeunes ce que vous apprenez chaque jour de ce parcours hors norme ? 

J’aurais envie de transmettre différentes valeurs, ce que nécessite un double parcours ainsi que tout ce que m’aura enseigné ce parcours qui est le mien.

Merci champion ! La Faculté de sciences économiques et de gestion est fière de vous compter parmi ses étudiants.

Je vous remercie également de m’accompagner au quotidien, sans vous rien ne serait possible !


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> Le compte Instagram d'Arnaud Aregba